European Journal of Surgical Oncology.

Obesity and Periodontitis: A Comprehensive Review of Their Interconnected Pathophysiology and Clinical Implications” Claudia Reytor-González et al., Frontiers in Nutrition 2024

L’état inflammatoire systémique de bas grade, médié par la libération de cytokines pro-inflammatoires telles que l’IL-6, le TNF-α et l’IL-1β par le tissu adipeux, peuvent exacerber l’inflammation parodontale. Inversement, la parodontite, en tant que maladie inflammatoire chronique des structures de soutien des dents, peut contribuer à l’aggravation de l’inflammation systémique, créant ainsi un cercle vicieux entre les deux conditions.

Les effets de la chirurgie bariatrique sur la parodontite ne sont pas encore clairs, car les données de la littérature sont rares et contradictoires. D’une part, malgré l’amélioration de divers aspects métaboliques et physiologiques consécutive à la perte de poids induite par la chirurgie bariatrique, certaines études font état d’une amélioration de la santé parodontale et d’un meilleur contrôle du biofilm dentaire, d’autres (deux études de cohorte et une revue systématique) suggèrent que l’état parodontal peut s’aggraver après la chirurgie bariatrique.

Le rôle du stress oxydatif et le dysfonctionnement immunitaire sont les mécanismes pathophysiologiques communs relient l’obésité et la parodontite. 

La prise en charge  interdisciplinaire de la parodontite avant et après la chirurgie bariatrique est indispensable afin d’éviter l’aggravation de l’état de santé bucco-dentaire.

Quelque points importants

1. Relation bidirectionnelle entre obésité et santé bucco-dentaire : L’obésité est associée à une augmentation des maladies bucco-dentaires, notamment les caries et les maladies parodontales. Inversement, une mauvaise santé bucco-dentaire peut influencer négativement l’état nutritionnel et contribuer à l’obésité.

 2. Nécessité d’un dépistage et un traitement des affections bucco-dentaires avant la chirurgie (dépistage maladie carieuse, maladie parodontale, inadaptations prothétiques), ainsi qu’un suivi régulier après l’intervention.

 3. Impact de la chirurgie bariatrique sur la santé bucco-dentaire : Les modifications alimentaires post-chirurgie, telles que l’augmentation de la consommation d’aliments mous ou sucrés, peuvent accroître le risque de caries et d’érosion dentaire. De plus, des vomissements fréquents et le reflux gastro-œsophagien peuvent entraîner une érosion de l’émail dentaire.

4. Rôle du coefficient masticatoire : L’évaluation du coefficient masticatoire est une étape essentielle dans la préparation des patients obèses candidats à la chirurgie bariatrique. Ce coefficient, exprimé en pourcentage, quantifie l’efficacité de la mastication en fonction du nombre et de l’état des dents présentes, ainsi que de leur capacité à entrer en contact fonctionnel avec leurs antagonistes.

Méthode de calcul du coefficient masticatoire :

Chaque dent se voit attribuer une valeur spécifique, généralement comprise entre 1 % et 5 %, en fonction de son importance dans le processus masticatoire. Les dents antérieures ont une valeur moindre, tandis que les prémolaires et molaires, essentielles à la mastication, ont une valeur plus élevée. La somme des valeurs des dents présentes et fonctionnelles détermine le coefficient masticatoire total. Par exemple, un patient avec toutes ses dents en occlusion normale aurait un coefficient de 100 %.

Importance en chirurgie bariatrique :

Un coefficient masticatoire adéquat est crucial pour assurer une mastication efficace, facilitant ainsi la digestion et l’absorption des nutriments post-opératoires. Les recommandations varient, mais certains protocoles suggèrent qu’un patient devrait présenter un coefficient masticatoire d’au moins 80 % avant une chirurgie bariatrique. Si ce n’est pas le cas, des interventions prothétiques ou dentaires peuvent être nécessaires pour améliorer la fonction masticatoire.

5. Il est recommandé d’intégrer systématiquement une évaluation bucco-dentaire dans le parcours de soins des patients candidats à une chirurgie bariatrique. Cette synergie vise à améliorer les résultats cliniques et la qualité de vie des patients.

Plus de ressources:

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39171112